Vieillir ? Pas facile d’accepter

Vieillir est une condition à laquelle, nous les êtres  humains,  nous ne pouvons pas échapper. Plus les années passent  plus elles se font sentir bien qu’on cherche souvent, mais en vain , à éviter cela.  Nous recevons des signaux  qui nous viennent de notre corps, de notre entourage.  Certains en prennent conscience plus tard que d’autres.  Malgré le caractère incontournable de la vieillesse, nombreux sont ceux qui essaient  de la  nier de peur peut-être d’affronter ses challenges  ou  accablés par  les préjugés qui considèrent que c’est la fin d’une étape pleine et satisfaisante.

Étant enfants,  nous voulons vite grandir. L’adolescent prend un air  indépendant, vieux. Le monde lui appartient.: « je suis grand, maintenant », «  je suis  vieux  pour ses niaiseries ou pour que mes parents me disent quoi faire » . Encore à l’âge adulte nous sommes un peu jaloux du vieux. On a envie d’être comme lui, d’occuper son poste, d’avoir son statut social. Mais tout d’un coup cet entêtement à vouloir vieillir s’arrête. Il n’est plus question de grandir, de s’épanouir  encore moins de croissance; mais plutôt  de passer du temps avec les petits enfants, de la santé qui décline, de douleurs articulaires, d’hôpital , de mort.

C’est avec raisons que plus d’un refuse d’entrer  dans cette phase de vie. Faisons une analyse sincère. Que fait-on  de nos enfants et que fait-on de nos « vieux ». Ne les traitons -nous pas de la même manière ?   N’essayons-nous pas toujours de les maintenir occupés  et de tout décider à leur place? Les réponses  à ces questions, pourraient  à elles seules justifier la crainte que nous éprouvons face au vieillissement. Cependant elles ne sont pas les seules difficultés auxquelles on aura à faire face.  Durant notre existence, on a mené une lutte , et toujours avec succès,  pour être plus fort, plus  beaux, pour apprendre encore plus, pour être le premier, pour prendre de l’échelon.  Les années ne passent pas en vain. On dirait qu’on prend les mêmes escaliers roulants mais dans le sens contraire. Les muscles ne répondent plus, la mémoire nous trahit, la peau se plisse, d’autres cercles se forment autour de nous, notre génération  s’efface du marché du travail. Ça y est elle s’est installée. Certains résistent encore. Mais rien à faire. Les chirurgies, les faciales, les traitements anti rides,  les épurations de sang, les breuvages ne tiennent plus.  Pire encore on ne peut plus se défendre tant physiquement que socialement. On devient des cibles privilégiées pour  des chasseurs sans scrupules.

Plus vite on assume cette nouvelle réalité, plus de chances on aura de nous adapter et de la convertir non en un calvaire mais en  une continuité où la vitesse , la force,  la fougue laisse leur place au calme, à la souplesse et à la sagesse.

La famille, les enfants , les proches décident où nous devons habiter, comment s’habiller, quoi manger sous prétexte de prendre soin de nous ou de nous protéger sans se rendre compte qu’ils sont en train  de nous enlever un acquis très apprécié de l’être humain: notre autonomie. Celle –ci peut se traduire en notre liberté de décider librement, comme personne à part entière,  comment vivre sa vie. Rappelons nous que nos vieux sont encore en vie.  Eux seuls sont responsables de leur bonheur et  eux seuls savent ce qui leur procure de la satisfaction.  Car notre agissement  parfois ne tient pas compte  de ces points là mais plutôt ce qui nous arrange nous même.

Le plus dur peut-être du fait de vieillir  c’est l’approche de la  mort. Elle nous fait peur. Le départ d’un proche bien des fois nous fait réfléchir sur  notre propre existence. Mais aussi il peut nous servir à revoir  ce qu’on a fait depuis notre enfance et peut nous amener à mettre l’accent sur les choses qui ont vraiment de l’importance .  Le fait de savoir que notre vie aie  une fin,  ne devrait  pas en aucun cas constituer une source d’angoisse sinon  une source de motivation qui nous pousse  à comprendre combien précieux est chaque moment qu’on passe sur terre, chaque jour  qu’on se lève . C’est l’occasion de profiter de chaque seconde pour être heureux.

Fuir la vieillesse n’est pas du tout réaliste, Ne perdez pas votre vie en vous préoccupant des rident qui apparaissent, pour la solitude qui arrivera dans quelques années ou pour le jour de votre départ de ce monde.  Je vous invite plutôt à la gagner en vivant chaque jour comme une richesse précieuse. Plus vite on s’adapte plus facile sera notre passage à chaque étape de notre existence.

Guy Damier.

Une réflexion au sujet de « Vieillir ? Pas facile d’accepter »

  1. Oui vieillir, pas facile. Pour autant doit-on arrêter de se battre, de chercher, de trouver une autre façon de vieillir en restant en forme. Pourquoi laisser aux autres, décider, enlever cette liberté, si précieuse. Je crois que l’être humain ne vieillit pas, tant qu’il se bat. Jamais baisser les bras.
    Charlotte Zermati

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