Pourquoi, nous, les hommes, n’avons pas le droit de pleurer ?

Cette réflexion m’est venue après avoir réalisé que je n’ai jamais vu pleurer mon père avant l’âge de 82 ans.  Aussi ce dimanche, j’étais en train de regarder un film avec ma fille et ma femme. Arrivé un moment où le film était très émouvant  ma femme s’est mise à pleurer. Ma fille de 4 ans avait le visage pâle et les yeux fixés  sur l’écran comme vouloir y pénétrer. Moi de mon côté, j’étais très touché par la scène. Des larmes  ont commencé à se glisser sur mes joues et j’ai toute de suite réagit à les sécher pour que ma femme et ma fille ne s’en rendent pas compte. En fait,  ce n’était pas la première fois que je le faisais. Donc je me suis posé la question à savoir pourquoi je ne peux  pas pleurer librement.

S’il y a une chose sur laquelle le monde entier est d’accord, peu importe la religion, la race ou la nationalité, c’est sur la réaction que les hommes et les femmes devaient avoir face à une  même   émotion. Il est clair que l’égalité entre les sexes est loin d’être atteint en ce qui concerne l’expression des sentiments et  des émotions parce qu’on  exige des comportements différents, qui, dans notre condition d’être humain, devraient être les mêmes.

Il est un fait que les circonstances de la vie devraient être affrontées sous les même normes familiales ou sociales, peu importe notre sexe. C’est-à-dire qu’une égratignure, une coupure, une chute, les doigts coincés dans une portière ne devraient pas être des situations dans lesquelles la douleur et les larmes soient des expressions réservées exclusivement aux femmes. Des phrases comme : Les hommes ne pleurent  pas, soit fort t’es un homme, comporte toi comme un homme et ne pleure pas, tu pleures comme une  fillette  démontrent seulement que les hommes sont éduqués, depuis notre plus jeune âge, à réprimer nos émotions et nos sentiments car ils représentent la débilité féminine. Mais a-t-on pensé qu’on est des êtres humains et qu’un couteau planté dans une  main est aussi douloureux pour un homme  que pour une femme.

À la maison, à l’école on nous apprend à avaler nos larmes et à ne pas démontrer nos peurs. Notre visage aussi expressif que celui des filles au début, commence à s’affermir et à devenir froid au fur et à mesure qu’on s’approche de l’adolescence. Cette différenciation  va marquer  notre vie adulte, nos rapports  avec notre entourage et même au moment de former une famille. À ce stade de la vie, nos épouses se plaignent car on ne démontre pas assez notre sensibilité, notre amour. On ne dit pas toujours ce qu’on ressent. On ne réagit pas quand elles nous parlent. Elles ont mare de notre silence. Cependant se souviennent-elles  que l’homme ne  droit pas démontrer des signes de faiblesse, comme être sentimental, sensible etc.

Une chose est sûre, on est tous coupables,  car l’éducation qu’on a reçue vient tant des papas que des mamans. Et il faut se rappeler qu’au fond de ce « statut » ou de cet « être de pierre » que vous érigez, il existe un être humain avec des sentiments et des émotions   et des larmes qui ont  la même composition chimique et la même consistance que ceux des femmes.

Et  vous Comment aimeriez vous éduquer votre fils?