Condamnés par perception

On fait trop souvent le procès des gens parfois sans même les connaître. Aujourd’hui encore l’apparence compte trop au moment d’apprécier quelqu’un. Comment il est habillé, sa grosseur, la couleur de ses cheveux, sa façon de marcher, sa taille et son regard et j’en passe. Comme si ces qualificatifs en eux seuls pouvaient réellement nous dire à qui on a affaire.

On ne peut certes nier que bien des fois on doit se fier à notre instinct, à  nos expériences passées et pourquoi pas à nos sensations et perceptions. Malheureusement, l’histoire a parfois tendance à se répéter. Toutefois la question qu’on peut se poser C’est si la perception est toujours le reflet de la vérité? Peut-on vraiment savoir la vérité d’une conversation téléphonique en écoutant une réponse donnée par l’un des interlocuteurs?

Imaginez-vous que la police vient vous chercher à la maison et vous emmène devant un juge sans te dire de quoi il est question. Le juge de son côté, sans même te questionner, prend sa décision et vous condamne. C’est à peut près la même chose ou c’est la sensation qu’on a quand on est jugé et condamné par la fameuse perception qui parfois compte plus que la réalité.

Au fil des ans, bon nombre de gens ont été victime de cette façon de faire. « J’ai perdu un manteau, j’ai vu jacques en porté un pareil. Je suis  sûr que c’est le mien car il ne l’avait jamais porté avant. » As-tu pris la peine de parler à jacques ainsi tu pourrais savoir depuis quand il avait le sien. Il ne l’avait pas porté avant peut-être que pour lui ce n’était pas encore l’occasion. Peut-être il avait acheté ce manteau bien des mois avant que le tien soit perdu. Ou dites-moi,  ce manteau était une pièce unique qui a été fabriqué  spécialement pour vous?

« J’avais un pot sur la table dans lequel il y avait de l’argent.  Aline vient d’entrer dans la pièce et tout d’un coup je ne vois plus mon bibelot. L’unique personne qui est entrée dans cette salle c’est elle. Les autres personnes étaient déjà là donc il n’y a pas de doute c’est Aline et elle ne dit rien quand je demande ».  Est-il possible qu’elle  ne sait même pas de quoi tu parles vu qu’elle vient d’arriver et c’est cela la raison de son silence. Est-il possible que tu as toi-même déplacé ton argent soit pour payer x chose.

Une réponse au téléphone  comme « je n’en ai plus »  n’est pas toujours la réponse à la question « as-tu »  et ne peut pas  être en aucun cas la seule preuve pour accuser de fraudeur à quelqu’un,   tenant compte qu’on n’a pas l’intégralité de la conversation téléphonique.

Des exemples de ce genre, il y en a des milliers. Ces « accusés » ne sont jamais interrogés ou questionnés.  Par contre on se charge de leur faire sentir coupables. On leur parle sans dire leur nom. On prend des exemples clairs et précis en s’assurant toujours de leur présence et leur lançant un regard, un geste ou tout autre moyen de dire je te parle mais avec discrétion.

Dans ces conditions, je crois qu’il serait plus simple de faire part  de vos doutes à la personne soupçonnée. Certes ce n’est pas facile pour les deux parties et il pourrait y avoir des frictions. Cependant vous donneriez au moins la chance à cette personne d’éclaircir la situation, de vous présenter ses factures par exemple, de vous mettre dans le bain de la conversation dans d’autres cas et ainsi comprendre les réponses qu’il a fournit  du même coup sortir de tout doute.

À mon humble avis il est plus facile de vivre avec des accusations éclaircies qu’avec des condamnations par perception car on ne t’a jamais donné la possibilité  de faire la lumière sur les faits  et pire encore tu vis tout le temps sous la loupe, surveillé de tes  faits et gestes et avec le regard des autres qui te considère comme un voleur, un fraudeur, un menteur et voir  un assassin.

Guy Damier